Après l'échec du partenariat Euro-Méditerranéen, lancé en 1995 lors de la conférence de Barcelone, les acteurs politiques des deux rives sont entrain de construire un nouveau processus dénommé l'Union pour la méditerranée (UPM, sommet de Paris juillet, 2008).
A mon avis ce nouveau processus, cher à Nicolas Sarkozy, ne va pas résoudre les problèmes, je m'explique :
-D'abord reprenons les principes de la coopération euro-méditerranéenne, tels que prévus en 1995, il s'agit en deux mots de rendre la coopération économique ainsi que l'aide au développement, tributaires au respect des droits de l'homme. Ceci constitue toute l'originalité du partenariat euromed, après une coopération qui date depuis le traité de Rome 1957, focalisée essentiellement sur des aspects purement commerciaux.
En fait, c'est cette équation, c'est-à-dire la combinaison entre le volet matériel et moral et éthique (respect des doits de l'homme et de la démocratie) qui a fait défaut dans le cadre du partenariat. Donc, si on veut que le nouveau processus, UPM, démarre dans de bonnes conditions, il faut penser notamment à faire réussir le registre des libertés et des droits de l'homme, sans ça, aucune chance de réussite, car la paix et la sécurité régionale dépendent directement de cette dimension (ceci constitue par ailleurs l'idéal de la charte de l'ONU, posé en 1945.
-Ensuite, il va sans dire, que les droits de l'homme et les principes du droit international ont connu une régression dans le contexte international, notamment après le 11 septembre 2001, c'est-à-dire avec la guerre contre le terrorisme. Ceci a influencé non seulement les approches des Etats-Unis d'Amérique centrées sur les méthodes sécuritaires, mais aussi les approches de l'Union européenne, nonobstant les subtilités entre les deux…
Je crois, par conséquent, que ce contexte n'est pas favorable aux idées qui animent les précurseurs de l'UPM (paix, sécurité, codéveloppment et prospérité entre les deux rives de la méditerranée…), une démarcation radicale doit être faite par rapport aux approches américaines où les valeurs humaines sont des plus en plus reléguées au second plan en privilégiant un libre échange cruel et impitoyable…
Maher Abdmouleh
Docteur en droit
À propos de l'auteur :
Maher Abdmouleh est docteur en droit de l'Université de Nice Sophia-Antipolis
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